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Le concept de « Art Here » est de prendre un grand panneau de 10×15 m, d’ordinaire réservé à un usage publicitaire, et d’y afficher une illustration réalisée sur un thème imposé, avec comme fil conducteur « Faire battre le coeur de la ville et de ses habitants » (人をワクワク、街をワクワク).

Lancé en 2010 avec l’entreprise Waku waku communications (jp) (à l’origine du site de rencontre Waku Waku mail ワクワクメール) comme sponsor, le thème de la première édition était « Faisons battre le coeur des rues de Fukuoka » (福岡のストリートをワクワクさせよう).

2011 : Just like a rolling stone

Parmi les quelques 425 candidats de cette première édition, 30 nominés furent retenus. Outre le prix or remis au grand gagnant, 4 prix argent et 1 prix fleur sont remis aux cinqs oeuvres suivantes qui apparaîtront sur de plus petits panneaux, juste en dessous du grand gagnant.

Human wave de Rei Tanigawa, prix platine 2011

C’est d’abord l’illustration Human Wave de Rei Tanigawa – a mi-chemin entre la vague de Hokusai et les personnages de Keith Haring (eng) – qui fut choisie pour le grand prix or, mais suite à la tragédie du tremblement de terre de mars 2011, elle fut remplacée par Just like a rolling stone de Ryohei Yamashita. Human Wave reçut tout de même le prix platine.

Just like a rolling stone de Ryohei Yamashita, prix or 2011

Ryohei Yamashita a habité pendant 28 ans à Fukuoka, et a cherché à retranscrire visuellement sont impression laissée par la ville.

Jury 2012

Dans le jury 2012 nous trouvons le directeur artistique d’Art here, Katsumi Asaba (jp)  un graphiste ayant réalisé de nombreuses publicités et logos. Il est par ailleurs membre du conseil d’administration de la JAGDA (jp) (Japan Graphic Designers Association), et représente le Japon à l’AGI (eng) (l’Alliance Graphique Internationale). Le publicitaire Yoshihiro Iwanaka, rédacteur en chef de l’agence Rox Company, et l’architecte Masato Hirose, engagé dans plusieurs projets d’urbanismes avec la mairie de Fukuoka, complètent le jury.

Thème 2012 : « Liens ・ きづな»

Pour cette seconde édition le thème retenu est « Liens » (絆). Les liens qui relient nos esprits (気綱), les liens d’amour, d’amitié. C’est sur ce thème que 360 candidats ont relevé le défi de continuer à faire vibrer le coeur de Fukuoka et de ses habitants.

Cette année les internautes sont invités à choisir parmi les 30 nominés l’illustration qu’ils aimeraient voir prendre place sur le panneau à partir de mai 2012. Vous avez jusqu’au 29 février pour découvrir les nominés sur cette page, et choisir votre illustration préférée.

Mes trois illustrations préférés :

Fresh green no mori・フレッシュグリーンの森

Kyûshutsu・救出 (sauvetage)

Life is for circle !!

Sources :

Art here, site officiel

Reportage sur la remise des prix Waku waku grandprix en mai 2011 (jp)

Pour aller plus loin :

Site de Ryohei Yamashita

Le boucan à bec caréné d’Alain Thomas dans les rues de Nantes

 

Ivan Iakovlevitch Bilibine est un illustrateur russe connu pour ses mises en images de contes et légendes Russe dans la première moitiée du XXe siècle.

Après avoir finit ses études artistiques entre Saint-Petersbourg et Berlin, il est envoyé entre 1902 et 1904 dans des régions du nord de la Russie occidentale afin de récupérer du matériau ethnographique pour le musée Alexandre III. Ces deux années passées dans ces régions vont le familiariser avec le folklore russe qu’il illustrera à maintes reprises durant sa carrière, notamment en mettant en image les recueils de contes de Alexandre Afanassiev – parfois comparé aux frères Grimm pour son impressionnant travail de collecte de contes populaires.

Carte postale, 1904

Diaspora russe à Paris

Après la révolution russe de 1917 il quitte la Russie et arrive à Paris en 1925. Il y passera une dizaine d’années durant lesquelles il continuera d’illustrer les contes russes, notamment pour la collection du Père Castor – dans laquelle les contes du monde slave et ses artistes sont bien représentés – et participera avec ses compatriotes artistes de la diaspora russe à la création de décors pour l’Opéra russe.

Mir iskusstva : Le monde de l’art

C’est également en 1917 qu’il devient président de la revue artistique d’avant garde Le monde de l’art – Mir iskusstva (eng), créée en 1898 par Serge de Diaghilev, plus tard créateur des Ballets russes. Cette revue donne son nom aux membres d’un mouvement artistique : les miriskusniki. Ils cherchent à se détacher du réalisme russe des Ambulants de la fin du XIXe en s’inspirant du symbolisme et de l’art nouveau, cherchant ainsi préserver l’héritage des Romantiques.

Le style Bilibine

Ce qui rend les illustrations de Bilibine si précieuses, c’est la force qui s’en dégage. Ses aplats de couleurs, cernés de traits noirs très nets, lui permettent de faire ressortir les différents éléments de son dessin. Particulièrement ses personnages, qui quelque soit leur pose, solennelle ou triviale, imposent par leur présence. Ses motifs ornementaux donnent des allures d’enluminure à ses illustrations, et finissent d’ancrer ses images dans la culture slave de part les motifs qu’il utilise.

Sombre nuit, Vassilissa la très belle, 1900

Baba-yaga, Vassilissa la très belle, 1900

Le Tsar Saltan écoute aux fenêtres, Le conte du Tsar Saltan, 1905

Un faucon se change en vaillant guerrier, Maria des mers, 1911

Parallèles en vrac

En cherchant dans les inspirations de Bilibine, on peut trouver Louis-Maurice Boutet de Monvel, connu pour son fameux travail sur Jeanne d’Arc. À titre de comparaison avec un quasi-contemporain de son époque, le dessinateur américain Winsor McCay est lui aussi influencé par l’art nouveau, et on retrouve donc entre les deux artistes une filiation commune. Parmi ceux qu’il a inspiré, on peut citer le réalisateur de film d’animation russe Lev Atamov (eng) notamment dans La Rose écarlate (ru) de 1952, film de la période du réalisme socialiste soviétique (eng).

Sources :

Article Ivan Bilibine sur Wikipedia

Ivan Bilibine sur Russie.net

Gallerie de cartes postales sur Flickr

« Les mélodies du symbolisme russe » sur Le journal des arts.fr

En 2005, dans le cadre d’une grande campagne de sensibilisation à la prévention de la criminalité et des catastrophes naturelles, la préfecture de Fukuoka décide de créer un personnage pour toucher le public, des plus petits aux plus grands. C’est la société créatrice de jeux vidéo locale, CyberConnect2, qui est retenue pour la création de la charte graphique.

Le monde de Little Tail Bronx au secours de Fukuoka

Le studio CyberConnect2 est à l’origine d’un jeu qui compte parmi les plus charmants de la playstation : Tail Concerto (fr). Le joueur y incarne Waffle, un policier du royaume de Prairie, où chiens et chats cohabitent. Waffle va devoir délivrer le royaume de la menace d’un gang, « les Chats Noirs », qui persécute la population.

Toujours dans le monde de Little Tail Bronx, à des milliers de kilomètres de là, la population du pays de Nipon peut compter sur Mamoru-kun et ses amis pour les protéger. Dans cette affaire, les habitants de la préfecture de Fukuoka ne sont pas en reste : Mamoru-kun leur envoie des informations importantes concernant la prévention des risques liés à la criminalité et aux catastrophes naturelles.

En matière de criminalité, l’accent est mis sur la protection des enfants. Ces derniers peuvent d’ailleurs allez découvrir les bonnes attitudes à avoir s’ils viennent à être abordé par un inconnu dans la rue. Des petits quiz animés permettent de manière ludique de sensibiliser les plus jeunes. (Vous aussi essayez, et gagnez des fonds d’écran si vous rentrez sain et sauf à la maison !)

Hormis cet aspect éducatif, le service de prévention Mamoru-kun permet également de s’abonner à un système d’informations en temps réel en cas de catastrophes. Il s’agit pour cela d’aller sur la page ad-hoc (en) dans laquelle on renseigne son mail de téléphone portable, pour ainsi recevoir des alertes concernant des événements dangereux (crues, tremblements de terre, typhons, etc.) sur la région que l’on aura sélectionné au moment de l’inscription.

Mascottes à foison

Le fait de commander l’habillage de cette campagne à une société de jeux vidéo est un trait caractéristique de l’approche que les japonais ont de la communication. Pourrait-on imaginer voir un jour une ville française, ou même le gouvernement, commander une campagne de promotion pour l’Agenda 21 (fr) à Ankama (fr) par exemple ? On peut en douter. Les japonais ont un regard différent sur tout ce qui relève du mignon, le « kawaii » pour faire plus nippon, et c’est avec bienveillance qu’ils accueillent les campagnes que d’adorables mascottes portent sur leurs frêles (et mignonnes) épaules. Les exemples ne manquent pas : Kikkoro et Morizo (fr) de l’exposition Universelle d’Aichi en 2005, les tokkikkis Toppi et Kippi (jp) de la préfecture de Niigata, Sento-kun (en) de la ville de Nara, etc..

Sento-kun

Ce serait mentir que de dire qu’il n’en est pas de même en France. Mais même si les mascottes sont également utilisées, il semble qu’elles interviennent sur des campagnes aux enjeux moins graves, soit dans le domaine du sport : Footix (fr) de la coupe du monde 98, le lutin Magique des jeux Olympique d’hiver d’Albertville 92, etc. ; soit pour des entreprises : Mister Crédito de CTLM, le Bibendum de Michelin, etc..

Cette façon de rendre la contenant ludique sans pour autant que le contenu, tout à fait sérieux et important, souffre de cette image un peu légère, semble être quelque chose que les japonais acceptent avec beaucoup de souplesse.

Oh ! Les beaux bois !

CyberConnect 2


Créé en 1992 par de jeunes diplômés de la Kyûshû sangyô university (jp), le studio révèle leur talent dès le premier jeu, en offrant aux possesseurs de la Playstation un voyage dans le monde de Little Tail Bronx avec le jeu Tail Concerto sortit en 1998. Rappelant  l’univers aérien du Laputa (fr) de Hayao Miyazaki, complété d’une dose de steam-punk et du kawaii en veux-tu en voilà, l’ambiance séduit dès le dessin animé d’ouverture, introduisant les personnages designés par Nobuteru Yûki (fr)(Lodoss, Escaflowne).

Mais CyberConnect2 c’est aussi et surtout la série .Hack (en), sur un concept du directeur de CyberConnect2, Hiroshi Matsuya (en), avec Yoshiyuki Sadamoto (fr) au design des personnages. L’histoire lancée en 2002 par la série TV .hack//SIGN, prendra vite de l’ampleur avec la sortie quelques mois plus tard du jeu .hack//Infection. Suivront OAV, films, mangas et romans qui étendront chaque fois davantage l’intrigue, incitant les plus mordus à aller explorer tous ces médias pour appréhender l’ensemble de l’œuvre.

On retrouve également le studio à l’adaptation de la plupart des jeux vidéo Naruto (fr) sortis sur les machines de Sony, ainsi qu’à la réalisation d’Asura’s Wrath en association avec Capcom. Ce beat’em all dans la ligné de God of War, a été présenté lors du Tôkyô Game Show 2010 et s’annonce comme l’un des gros titres des mois à venir. A mille lieues des mignonneries de Tail Concerto, il démontre l’étendu du savoir faire du studio de Fukuoka.

Pour les fans de la première heure, une séquel de Tail Concerto est prévue pour le 28 octobre au Japon sur la Nintendo DS : Solatorobo. Plus un spin-off se déroulant dans le même monde qu’une suite réelle, ce titre sera tout de même l’occasion de revoir apparaître les héros de Tail Concerto, ainsi que Mamoru-kun himself,  accompagné de son père pour remplir son rôle de prévention auprès du peuple de Fukuoka, euh non, en république du Shepard, où se déroule l’action du jeu. A noté que le dessin animé d’ouverture est réalisé par le studio Madhouse (jp) (Redline, Summer Wars).

Et pendant ce temps là, dans le royaume de Prairie

Pour aller plus loin :

.hack : Beyondfragment.net (fr) site de fans francophones

Tail Concerto : Site officiel (jp) Article Wikipédia (fr)

Solatorobo : Site officiel (jp)

Mamoru-kun : Site de CyberConnect2 (jp)



Expo Book at Me au Solaria Plaza

Du 3 au 23 novembre se tient l’exposition Book et Me dans laquelle les créations de jaquettes de livre par des artistes de Fukuoka sont présentées à travers les librairies de la ville. Cette exposition s’inscrit dans le cadre du festival Bookuoka, en partenariat avec la JAGDA (Japan Graphic Designers Association).

Au Japon l’usage de jaquettes pour recouvrir les livres est très répandus. Par souci de confidentialité ou simple coquetterie, quand vous allez faire vos achats dans une librairie, il arrive qu’on vous enveloppe votre livre dans une jaquette de papier.

book cover kinokuniya

L’exposition Book at Me rassemble les créations de 61 artistes de Fukuoka (illustrateurs, auteurs, photographes) autour de ce support. Les oeuvres rassemblées sont extrèmement hétéroclites, et il y en a pour tous les goûts. Les visiteurs étaient d’ailleurs invités, lors d’une expositions spéciales rassemblant toutes les oeuvres, à voter pour leurs trois jaquettes préférées. Ci-dessous mes trois favoris :

Book cover Tetsuya Ezoe

Tetsuya Ezoe

Book cover Takuya Kurita

Takuya Kurita

Book cover Michio Kajiwara

Michio Kajiwara

Quelques mots sur les organisateurs de ce festival : Bookuoka est une association qui regroupe des libraires, bouqinistes et éditeurs de Fukuoka. Elle a été crée dans le cadre de la création de la fête du livre du même nom, organisée chaque automne depuis 1996. Pendant un mois (cette année du 18 octobre au 18 novembre) divers évènements son organisés (allant du marché des bouquinistes, aux expositions, tables rondes avec les auteurs) pour cultiver avec le public l’envie d’aller à la rencontre du livre.

bookuoka2009

Sources :

Bookuoka.com

Jagda Fukuoka