L’ homme qui plantait des arbres relate la rencontre du narrateur avec Elzéard Bouffier, un vieux berger sans âge, vivant retiré dans le silence. Cet homme emploie son temps libre à planter des arbres dans la région désolée qu’il habite avec son chien et son troupeau.

L’action énigmatique de ce personnage va piquer la curiosité du narrateur, et l’ammener à régulièrement venir rendre visite à celui qui, dans une solitude sans égale, se consacre au quotidien à une tâche titanesque. Au fil des années, tandis que le monde subit des guerres dévastatrices, Elzéard Bouffier s’emploie à faire renaître une région jusqu’alors désolée en un pays de Cocagne dans lequel la vie reprend peu à peu ses droits.

Le texte de Jean Giono s’ouvre sur ces lignes :

Pour que le caractère d’un être humain dévoile des qualités vraiment exceptionnelles, il faut avoir la bonne fortune de pouvoir observer son action pendant de longues années. Si cette action est dépouillée de tout égoïsme, si l’idée qui la dirige est d’une générosité sans exemple, s’il est absolument certain qu’elle n’a cherché de récompense nulle part et qu’au surplus elle ait laissé sur le monde des marques visibles, on est alors, sans risque d’erreurs, devant un caractère inoubliable.

Cultivons notre altruisme

L’homme qui plantait des arbres est une fable écologiste souvent reprise pour son message de protection de la nature, et l’importance pour l’homme de vivre en harmonie avec la nature. Elle peut aussi se lire sous l’angle philantropique, et met alors en lumière ce que Jean Giono décrit dans ses premières lignes comme « le caractère inoubliable » d’êtres aux actions désintéressées, pas seulement envers la nature mais également envers leurs prochains.

Frédéric Back

À la bande-son du moyen métrage de Frédéric Back c’est Philippe Noiret qui d’une belle voix posée interprète le narrateur. À l’image le réalisateur utilise comme à son habitude le crayon de couleur, laissant transparaître à l’écran le travail artisanal de son animation inventive. Dans ses dessins constamment en mouvement, les formes s’altèrent, se fondent les unes dans les autres pour reformer un nouveau tableau. Ce mouvement perpétuel donne une sensualité à l’animation telle que l’on peut la retrouver dans les travaux d’un Alexander Petrov (Le vieil homme et la mer).

Frédéric Back est né à Sarrebruck en Allemagne en 1924. Il suit des études artistiques à Paris et Rennes entre 1937 et 1948, durant la guerre et l’occupation. Ces années d’apprentissage vont bien entendu influencer son oeuvre à venir, toujours emprunte de messages pacifistes. Après avoir entamé sa carrière professionnelle en tant que peintre, il part s’installer au Québec en 1948 pour enseigner à Montréal. En 1952 il entre à Radio-Canada en tant qu’illustrateur pour la télévision. C’est en rejoignant le studio d’animation de Radio-Canada en 1968 que sa carrière d’animateur démarre. Ce sont ses dessins animés réalisés jusqu’en 1993 au sein de ce studio qui le rendront célèbre, et lui vaudront de nombreuses récompenses dans les divers festivals d’animation à travers le monde.

Ses films, qui mettent régulièrement en scène la Belle Province, sont aujourd’hui disponibles en DVD aux éditions Les Films du Paradoxe.

Pour aller plus loin :

Le site officiel de Frédéric Back

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