Peepo Choo est une bande dessinée écrite au Japon par Felipe Smith, un auteur américain d’origine jamaïco-argentine. Mais alors… c’est un comics ? Une historieta ? Un manga ? Du fait même du brassage culturel que représente son auteur, toutes ces appellations n’ont plus court ici. Nous allons donc tout simplement parler de bande dessinée.

”Peepo peepo, chu chu ?”

Peepo Choo, c’est l’histoire de plusieurs personnages, américains et japonais, qui vont être amenés à confronter leurs visions fantaisistes du pays étranger à la réalité.

Côté américain, nous avons d’abord Milton, jeune otaku américain rêvant d’aller au Japon, employé d’une librairie de manga et de comics, inconditionnel de la série animé Peepo Choo mettant en scène un personnage… très pikachuesque (absurde). Viens ensuite le propriétaire de la librairie, Gill, un malabar terrifiant, également tueur professionnel au look jasonesque (Vendredi 13). Puis Jody, autre employé de la librairie, détestant tout autant les fans de comics que leurs homologues otakus, épatant la gallerie en faisant passer ses visionnages de vidéos pornos de la veille pour des expériences réelles. Ce trio américain improbable va décoller pour le Japon le jour où Milton gagne un voyage pour l’archipel nippon lors d’une loterie organisée par la librairie. Il s’agit en fait d’une couverture pour son patron Gill, qui va ainsi se rendre à Tokyo pour un contrat sur un yakuza.

Si la partie américaine est haute en couleurs, le japon n’est pas en reste. D’abord le yakuza Morimoto Rockstar, complètement fan de tout ce qui se rapporte à la culture américaine, et particulièrement aux gangs américains. Ensuite Miki “busaiku” Tanaka (Miki “Laideron” Tanaka), lycéenne régulièrement persécutée par d’autres élèves, elle est fan d’anime et collectionne des poupées gothiques. Enfin Reiko, élève dans le même lycée que Miki, elle pose en bikini pour des magazines de manga, Elle ne semble pas être appréciée des autres élèves, à l’exception notable de Miki qui la considère comme sa seule amie, chose dont elle semble se moquer éperdument.

C’est donc la rencontre de toute cette gallerie de personnages que nous suivont dans ce manga vraiment bien rythmé et complètement loufoque. Le côté humoristique des personnages comme Milton ou Jody est sans cesse contrebalancé par les passages mettant en scène yakuzas et autres tueurs professionnels. Pour ceux que la violence rebute, il faut bien préciser que celle qui saute aux yeux lorsque l’on feuillette ce titre n’est jamais gratuite. Et comme le dit l’auteur lui-même (eng), chaque scène trouve son bien-fondé dans le développement psychologique des personnages. Ce verni de violence, que l’on pourra trouver parfois excessive, souligne peut­-être aussi les visions tronquées de la réalité dans lesquelles évoluent les protagonistes, et dont ils parviendront peut-être à se défaire au cours de l’histoire… ou pas.

Pour les lecteurs anglophones, l’éditeur américain Vertical propose les trois volume de la série.

Américano-jamaïco-argentin nippophone 

Felipe Smith est né en 1978 aux États-Unis d’un père jamaïcin et d’une mère argentine. Élevé en Argentine, il retourne finir ses études dans son pays natal et sort diplômé de la School of the Art Institute of Chicago (eng) en 2000. Tout en finissant ses études, il travaille comme animateur, designer et illustrateur, et publie sa première série en 2005, MBQ, chez Tokyopop, déjà dans un format manga. Felipe Smith s’inspire de sa vie à Los Angeles pour écrire cette histoire.

Lors du Comic-Con (eng) de San Diego en 2008, il présente son projet Peepo Choo à un éditeur de la Kôdansha. Il lui parle de son désir de publier au Japon une série pas spécifiquement adressée aux lecteurs japonais, mais de tous horizons. L’idée séduit son interlocuteur, et cette entrevue détermine son depart pour le Japon la même année. Il passera les deux années suivantes à l’écriture de Peepo Choo, prépublié dans le magazine Morning 2 de la Kodansha.

En attendant de voir arriver un nouveau titre de Felipe Smith, je vous invite à aller jeter un coup d’oeil à son portfolio en ligne, dans lequel des illustrations aux techniques et ambiances très différentes nous promettent le meilleur pour la suite.

À noté que jusqu’au 5 janvier 2012, les travaux de Felipe Smith sont visibles dans une exposition intitulée “Manga style, North America” (eng) au Musée international du manga de Kyôto (jp).

Pour aller plus loin :

Interview publiée en 2010 sur le site américain About.com (eng)

Présentation de Peepo Choo par son auteur à la télévision japonaise (jp)

Portfolio en ligne (eng)

Site promotionnel dédié à MBQ (eng)


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