Sur ses 19 ans d’existence, le musée d’Angoulême aura vécu durant quatre ans (2002-2006) au sein de l’exposition Le Musée Imaginaire. En effet, le site originel investit en 1991 au Centre National de la Bande Dessinée a été remplacé en 2009 par celui des chais situé sur la rive opposée de la Charente.

Expositions temporaires

Le nouveau site abrite l’exposition permanente du musée, ainsi que des expositions ponctuelles. Durant le FIBD 2010 nous pouvions ainsi découvrir l’exposition Cent pour Cent (jusqu’au 28 mars 2010), dans laquelle cent auteurs donnent leur interprétation d’une planche d’un autre auteur du patrimoine de la BD. Cela donne lieu à des relectures parfois surprenantes, permettant de mieux comprendre la sensibilité de chacun des deux auteurs mis en parallèle.

Exposition Cent pour Cent

Expositon(s) permanente(s)

L’exposition permanente a ceci d’extraordinaire qu’elle change tous les trois mois. En effet, le papier étant une matière bien plus sensible aux dégâts du temps que ne peut l’être une toile de peinture, le musée a adopté un système de rotation trimestriel, qui consiste à remettre aux archives les oeuvres exposées pour les remplacer par de nouvelles. Ce sont ainsi neuf musées différents qui prennent place dans le nouveau bâtiment où se trouve également la librairie du CIBDI, remarquable pour son fonds en ouvrages théoriques notamment.

L’exposition principale s’organise de manière chronologique sur de longues vitrines qui ondulent le long de la visite. Ce voyage dans le temps est ponctué d’espaces de lecture où le visiteur peut découvrir les ouvrages présentés dans les vitrines. Cette ambiance cosy est appuyé par un éclairage tamisé donnant un certain cachet au lieu, qui devient un véritable écrin pour la bande dessinée internationale.


Le Salon : espace ou les planches des plus grands s’exposent en tableau de maître

La place du manga

Dans l’histoire de la BD que nous raconte l’exposition, les BD d’origines diverses se mêlent au gré des influences qu’elles ont pu avoir les unes sur les autres. Malgré ce joyeux melting-pot retranscrit tout au long de la visite, le manga ne s’y insère pas, et est mis à part sur un mur qui séquence son histoire en grandes époques marquantes. Pourquoi cette mise à l’écart du manga ? Peut-être que du point de vue des conservateurs du musée l’évolution du manga s’est faite loin de la BD franco-belge. Si tel est le cas, ce raisonnement ne tient pas, car les évènements ayant secoué le monde tout au long du XXème siècle ont influencé les oeuvres aussi bien à l’Ouest qu’à l’Est. Aussi des mises en parallèle trouveraient tout à fait leur place dans cette frise.

A la décharge des conservateurs, les influences nippones que nous voyons émerger dans les titres des auteurs de la nouvelle génération ne sont que très récentes au regard de l’histoire de la bande dessinée présentée. Gageons que lorsque ces auteurs seront reconnus comme « classiques », le manga trouvera enfin la place qu’il mérite dans cette grande frise historique de la bande dessinée internationale.

Le mur Histoires d’Asie

Pour conclure, le parcours très pédagogique de la visite est à conseiller à tous les néophytes curieux de mieux comprendre ce qu’est la bande dessinée aujourd’hui. De plus les originaux des grands d’hier que sont Caran d’Ache, McCay, Saint-Ogan ou encore Calvo pour ne citer qu’eux, ont quelque chose d’émouvant qui rend la visite de ce musée indispensable à tout passionné de bande dessinée.

Pour aller plus loin :

Site du CIBDI

Publicités