Bienvenue sur ce nouveau blog entièrement dédié à la création dessinée. Dessin animé, bande dessinée, illustration seront les trois principaux thèmes des publications à venir. Le dessin étant un langage universel, la présentation d’œuvres de tous les continents permettra de découvrir différentes sensibilités, mais aussi d’observer le jeux d’influence entre les artistes.

Kamishibai de rue 01

Pour commencer, quelques mots sur le nom de ce blog : Kamishibai, « théâtre de papier » en japonais. Le mot désigne un chevalet dans lequel un conteur fait défiler des images comme il tournerait les pages d’un livre illustré. Sorte de petits théâtres de rue, les kamishibai apparurent dans la première moitié du XXe siècle. Il connut un vif succès populaire après la crise économique de 1929 et durant la période d’après guerre au Japon. Le pays étant alors plongé dans une grande pauvreté, les conteurs parcouraient les villes avec leur chevalets et des bonbons qu’ils vendaient aux enfants pour se constitué leur revenu. Descendant de l’e-makimono (rouleau peint) apparut durant l’ère Heian (du IXe au XIIe siècle), il perpétue la tradition des récits populaires jusqu’à nos jours, où le kamishibai est toujours utilisé à l’école maternelle et primaire. Aujourd’hui nous le retrouvons jusqu’en France.

Kamishibai de rue 2

A mi-chemin entre le livre illustré et les dessins animés, à une époque où la télévision n’était pas encore là, le kamishibai est quelque part l’ancêtre des manga et dessins animés japonais. De nombreux dessinateurs de kamishibai deviendront mangaka lorsque le succès de leur théâtre de papier diminuera. Parmi les plus célèbres de ces auteurs reconvertis nous trouvons le papa de Kitaro, Shigeru Mizuki, ou le dessinateur de Lone Wolf and Cub, Goseki Kojima.

L’un des tout premier super-héros du XXe siècle est né du kamishibai. Ôgon Bat voit le jour en 1930, et connaîtra de nombreuses adaptations en manga (notamment une par Osamu Tezuka), dessin animé et même une adaptation live en 1966.

L’ambition de ce blog est donc, comme le kamishibai dont il emprunte le nom, d’être au carrefour de plusieurs formes de créations dessinées, pour varier les plaisirs et rendre sa lecture aussi divertissante que possible.

Bonne lecture et à bientôt !

Sources :

Une histoire du kamishibai par J.C. Pommier co-fondateur de la compagnie théâtrale franco-japonaise Pokkowa-pa !

Kamishibai sur Wikipedia

Ôgon Bat / 黄金バット sur Wikipedia

Mise à jour du 12 novembre 2009

Pour ceux qui veulent aller plus loin, Morgan Magnin (président de l’association Univers Partagés) me fait part de la publication de Manga Kamishibai, du théâtre de papier à la BD japonaise aux éditions de la Martinière.

L’auteur, Eric P. Nash (journaliste au New-York Times depuis 1986), y présente une histoire du kamishibai comme ancêtre direct du manga.

Ci-dessous le texte de quatrième de couverture :

Manga Kamishibai Eric P.Nash« Bien avant que robots géants, extraterrestres et autres superhéros masqués n’envahissent les pages des bandes dessinées japonaises, ces personnages animaient régulièrement de leurs exploits les rues du Japon par l’intermédiaire du kamishibai. Cet ouvrage retrace l’histoire de cet art fascinant, aujourd’hui presque disparu, qui a ouvert la voie aux bandes dessinées actuelles et se trouve être à l’origine du manga contemporain. A l’apogée du kamishibai, dans les années 1930, des conteurs itinérants voyageaient de village en village et dépliaient leurs butai (prosceniums miniatures en bois) pour y faire glisser les cartons illustrés. A la fois artistes et journalistes, ils racontaient des histoires extrêmement variées, des aventures pleines d’action aux épopées médiévales en passant par les contes populaires traditonnels, les mélodrames et les nouvelles du soir relatives à la Seconde Guerre mondiale. Un bon conteur ne se contentait pas de raconter une histoire en s’inspirant des illustrations, il jouait tous les rôles en changeant l’inflexion de sa voix, l’expression de son visage. »

Encore merci à Morgan pour l’info.

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